La dette technique : le fléau des agences Web

La dette technique est un concept emprunté à la logique financière et comptable. Il s’agit de son application dans la vie d’un projet de développement de site Web.

Le secteur du Web, et notamment des agences Web est particulièrement propice à l’expansion de la dette technique dans les projets, et qui impacte directement la rentabilité des agences.

Cet article détaillera ce concept et proposera des idées pour réduire la dette technique dans les agences, et in fine augmenter leur rentabilité.

La dette technique : un concept présent sûr tous les projets

Le développement d’un site Web inclut souvent une phase de conception qui généralement formaliser par des documents du type cahier des charges, spécifications fonctionnelles ou autres créations graphiques. Développer un site Web en suivant scrupuleusement ses éléments définis en amont du projet permet d’être cohérent et de faciliter la maintenance :

  • maintenance corrective : corriger les bugs informatiques
  • maintenance évolutive : ajouter de nouvelles fonctionnalités au logiciel

Le secteur du Web dispose d’un terrain propice pour jouer un rôle prépondérant. En effet, voici quelques cas de figure qui vous rappellerons sans doute beaucoup de projet :

  • Un client va mettre la pression pour que le projet soit en ligne le plus rapidement, sans comprendre les enjeux techniques qui se jouent
  • Le développeur souhaite finir le projet le plus rapidement possible
  • Les personnes en charge de la maintenance évolutive se demande comment ils vont pouvoir corriger le tir en regardant le résultat de l’audit intial
  • Un freelance qui livre une partie du code sans documentation
  • Le départ d’un des collaborateurs de l’équipe sans transfert de compétence
  • Un projet réalisé sans en maîtriser la technologie
  • Un code réalisé par un stagiaire et sans qu’il y ai de revue de code

Êtes-vous prêt à payer des intérêts sans cesse ?

Ce sont autant de cas de figure qui vont augmenter la dette technique d’un projet, et je suis sur que vous avez déja rencontré ce genre de situation dans les projets auxquels vous avez participé. Toutes ses situations vont générer une dette technique.

Ainsi, un non-respect de la conception ou une mauvaise gestion de projet, intentionnel ou non, induit des coûts supplémentaires dans le futur. Ce sont les intérêts. C’est pourquoi l’on parle de dette technique, pour montrer l’analogie avec la dette dans les finances des entreprises.

Cela sous-entend qu’il vaut mieux rembourser la dette un jour plutôt que de continuer à payer sans cesse des intérêts.

En résumé quand on code au plus vite et de manière non-optimale, on contracte une dette technique que l’on rembourse tout au long de la vie du projet sous forme de temps de développement de plus en plus long et de bugs de plus en plus fréquents.

 Un investissement ?

J’ai souvent entendu que pour des raisons financières, on ne faisait pas toutes les étapes et ou on forçait une mise en ligne, avec un discours disant que ce projet c’est un investissement pour la suite, c’est en partie vrai. Mais, il y a un revers de la médaille. C’est un projet qui va coûter à l’entreprise pendant longtemps.

J’ai la chance (si je peux m’exprimer ainsi) de voir un projet qui avait une dette technique très importantes pour diverses raisons :

  • Montée en compétences sur une technologie
  • Découverte d’une typologie de site Web de l’entreprise
  • Départ des intervenants initiaux assez rapidement dans la phase d’exploitation
  • Absences de documentation

Les conséquences ont été assez simples, elles ont coûté chère à l’entreprise, pour plusieurs raisons :

  • Le site perturbait le serveur d’hébergement de manière assez chronique
  • Le code était difficilement modifiable, et il est difficile de vendre 2 heures de travail pour changer une phrase
  • Les nouveaux intervenants ne disposaient pas des informations initiales et on entreprit des actions qui avaient été faites par le passé et qui avaient échoués
  • La conséquence fut assez simple, la maintenance du site coûtait cher à la fois à l’entreprise car il était difficile de facturer l’ensemble du travail au client car il ne disposait pas d’un outil efficace. Le site représentait le cour de l’activité de l’entreprise, le couperet a fini par tomber, la liquidation judiciaire a été prononcé.

Tous les exemples ne sont pas aussi radicaux, mais il a au moins le mérite de montrer que ce fléau peut avoir ce genre de conséquence.

Alors, aujourd’hui quand j’entends qu’il faut laisser des étapes de cotées, que c’est un investissement, ou ce genre de discours, je m’assure que les conséquences soient bien prises en comptes dans la décision d’avoir une dette technique importante.

La dette technique n’est pas non plus le mal absolu, et je laisse le lecteur prendre connaissance du billet de Claude Aubry à ce sujet.

 Des moyens d’actions

Le plus paradoxal quand on veut réduire la dette technique, c’est que les remèdes ne sont pas techniques, dans un premier temps. Ils le deviennent par la suite quand on veut aller plus loin.

Sans rentrer dans les détails, voici quelques pistes à suivre :

  • Chaque acteur doit prendre conscience de la portée de ses actes
  • Avoir une bonne méthodologie de gestion de projet
  • Impliquer le client dans les enjeux et dans les décisions à prendre
  • Maintenir une documentation à jour tout au long du projet
  • Se baser sur des référentiels qualités reconnus
  • Être au plus proche des standards de la profession
  • Maintenir une politique de veille technologique active
  • Mettre en place des systèmes de contrôles automatisés (Intégration continue)

Pour plus d’information, je renvoie le lecteur au billet de Bastien Jaillot qui détaille des pistes de solutions.

Comprendre et maîtriser la dette technique peut changer radicalement la rentabilité d’une entreprise, c’est à mon sens sur ce point que les efforts doivent être portés.

Category: Développement, Gestion de projet

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- 10 janvier 2013

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